02.10.2020

4 questions à Sebastian Jaquiéry

Aujourd’hui, les 4 questions s’adressent à Sebastian Jaquiéry, membre de la section AN de Berne et vice-président de la FSAN.

Ton engagement a fait de toi pour ainsi dire le père de la pétition sur les insectes déposée auprès de la Chancellerie fédérale il y a presque deux ans par la FSAN et soutenue par des organisations partenaires. Es-tu satisfait de ce qui a été fait depuis?

Oui et non. Je ne suis pas content que le parlement n’ait cessé jusqu’ici de repousser le traitement de nos revendications. C’est dommage que cela prenne autant de temps alors que personne ne peut réellement remettre nos arguments en cause. Malgré la pandémie liée au Covid, on devrait pouvoir en débattre rapidement pour que l’administration politique reçoive un signal clair et entame le travail.
En revanche, je suis très satisfait de la façon dont l’opinion publique dans notre pays a évolué en général par rapport au sort réservé aux ins-ectes. Si des dizaines de milliers de personnes contribuent activement dans leur cadre d’influence à créer un environnement vivable pour les insectes les retombées positives seront importantes. C’est là que notre pétition a sûrement contribué à rendre nos concitoyens plus attentifs à leur propre responsabilité.

Quelles sont les principales phases survenues depuis le dépôt de la péti-tion en décembre 2018?

Le moment crucial aura sans aucun doute été l’accord au sein de la commission de l’environnement du Conseil national sur un paquet de mesures efficace à prendre pour protéger les insectes. Il s’agit de la moti-on «lutter contre la disparition des insectes». Il a également été important que le Conseil fédéral recommande son adoption. Il faut à présent que cette motion soit traitée par les Chambres fédérales.D’autres processus ont été enclenchés qui vont dans la même direction et méritent eux aussi d’être soutenus, comme la réduction du risque dans le recours aux pesticides ou l’initiative sur la biodiversité.

Peut-on déjà parler de victoires dans ce combat visant à préserver la diversité des insectes et plus généralement de la biodiversité?

Bien sûr qu’il y a déjà des victoires et que l’engagement en vaut la peine! Le projet Mission.B de la SRG le dit à juste titre: chaque mètre carré de verdure vivante compte. C’est un peu la même chose pour l’engagement politique: chacune et chacun qui peuvent être sensibilisés et gagnés pour notre cause comptent. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui où nous sommes obligés de venir à bout des conséquences financières liées à la pandémie. Ce ne sera sans doute plus aussi simple de récompenser le bon comportement écologique par de l’argent public. D’une part nous devons arrêter de subventionner indirectement les comportements anti-écolo-giques, de l’autre les gens doivent prendre conscience qu’il est tôt ou tard payant que la nature fonctionne bien et apporte des biens fondamentaux qu’il faudrait sinon se procurer auprès de grands groupes chimiques.

A l’approche de l’hiver, les insectes se font plus rares dans la nature. As-tu un insecte favori?

(rit) Non, honnêtement, je n’ai pas d’insecte favori. Parmi tout ce qui ram-pe ou vole, j’ai tout de même une petite préférence pour les araignées – mais comme nous le savons, les araignées ne sont pas des insectes…

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