24.06.2021

Une visite du chalet Rietlig s’impose

Le chalet se trouve loin au-dessus de la vallée de Schächen, au milieu d’alpages, sur une terrasse ensoleillée et avec vue sur les Clariden, Windgällen, Spannort et Krönten. La région est desservie par un réseau de sentiers pédestres, de routes de VTT et même de drôles de petits téléphériques. Depuis 2019, Vreni et Thomas Jurt-Blum sont les nouveaux gérants de l’adresse. Et le couple offre une (bonne) raison de plus de séjourner bientôt à la maison Rietlig.

Au départ de la gare CFF de Flüelen, le car postal observe un arrêt à Spiringen, à proximité de l’école et de la mairie ainsi que de l’église catholique inaugurée il y a 70 ans et jouxtée d’un cimetière. Les noms qui reviennent le plus souvent sur les pierres tombales sont Arnold, Gisler, Herger, Imhof et Imholz. C’est d’ailleurs une branche de la dynastie des Gisler qui a géré pendant plus de 145 ans l’auberge St. Anton située à une enca-blure de l’église. On passe à côté de cet endroit en montant à pied à la maison Rietlig et croise sur sa route un petit sanctuaire avec une figure en bois qui salue le passant avec à ses pieds un animal auquel on ne s’attend guère en ces lieux: un petit cochon.

La solution de l’énigme paraît évidente: l’au-berge St. Anton a été baptisée ainsi en référence à Saint Antoine dont on dit qu’il entretenait des rapports particulièrement profonds à l’égard des animaux et qu’il aurait un jour également soigné un petit cochon qui ne l’aurait par la suite plus quitté jusqu’à la fin de sa vie (de cochon). Le personnage auquel est voué le san-ctuaire en question représente par conséquent ce saint qui, dans la Suisse rurale catholique, est considéré comme le saint patron des animaux et parfois appelé familièrement ‘Säuli-Toni’. Ainsi, un pèlerinage paysan se déroule chaque année en Suisse centrale qui conduit par exem-ple à la chapelle Säuli-Toni à Stettenbach LU, non loin de Willisau/Grosswangen.

Une fois passé Saint Antoine en bois sculpté et l’ancienne auberge St. Anton, il s’agit de grim-per vers la maison des Amis de la Nature. Il faut compter de deux heures à deux heures et demie pour parcourir la distance à pied. A l’exception d’un tronçon dans les environs de Fuhr, on avance sur des tracés non goudronnés avec, en début de parcours et tout à la fin, des por-tions un peu plus raides. Tantôt, la randonnée descend la pente plus ou moins parallèlement à un petit ruisseau qui coule en contrebas, tantôt l’itinéraire longe des buissons ou un vieux mur en pierres sèches, tantôt il croise un troupeau de bovins et de moutons ou encore quelques érables épars dans le paysage. A chaque pas, le panorama s’ouvre un peu plus sur le versant opposé de la vallée. En fin de parcours, au Rietlig, la vue s’étend des Clariden au Schärhorn et du Gross Wind-gällen à l’Uri-Rotstock, Spannort et Krönten.

Dis-moi ce que tu manges et je te dis ce que tu es

Certaines montagnes sont raides, abruptes et rocailleuses, d’autres englacées et d’une blancheur féérique, certaines boisées, d’autres profondé-ment sillonnées. Quand la température est douce, Thomas et Vreni disposent quelques chaises-longues sur la terrasse ensoleillée du chalet Rietlig qui permettent aux visiteurs que nous sommes de laisser vagabonder notre regard devant ce décor, de scruter les mon-tagnes de bas en haut et inversement pour se perdre dans les nuages où minutes et secondes n’ont plus leur place et où s’ouvrent toutes les voies donnant accès à de nouvelles sphères inconnues. Certains diront que cette forme de balade contemplative du monde ne peut que favoriser une sieste mentale appréciable.

La vue panoramique qu’offre la terrasse enso-leillée est un des atouts majeurs de la maison. Un autre point fort concerne la restauration. La question légitime se pose alors de savoir à qui l’on doit ces plats succulents. Vreni et Thomas s’en occupent avec bienveillance et humilité et évitent autant que possible le stress. Loin de vouloir en faire tout un plat, le couple a noué, depuis son arrivée au Rietlig en décembre 2019, de nombreux précieux contacts parmi le voisi-nage, aussi bien dans la vallée qu’en montagne. Ils s’approvisionnent en fromage auprès de telle ferme, en œufs dans une autre, pareil pour la viande de bœuf ou de mouton, les carottes, pommes de terre et poireaux, salade, rhubarbe, épinards… Ce qui compte le plus pour le cou-ple de gérants, ce sont la provenance, la qualité et la fraîcheur de ces produits.

Mais avant tout, il y a le respect fondamental à l’égard de la vie en général et des denrées alimentaires en particulier. On comprend aussi mieux ce que veulent dire les gérants du Rietlig quand ils parlent du potentiel et des chances offertes par un tourisme doux et raisonnable: il s’agit à leurs yeux d’assurer un développement respectueux de la nature et de l’humain égale-ment au niveau local.

Lorsqu’il sont arrivés il y a un peu plus d’un an à la maison AN Rietlig, Vreni et Thomas Jurt proposaient des cartes de menus imprimées. Certes, le choix n’était pas immense, mais c’était toujours ça. Entre-temps, ils y ont renoncé. Aujourd’hui, Thomas passe de table en table et explique aux convives ce que la cuisine propose. Vreni est la cheffe cuisinière et par conséquent la garante pour les réjouissances culinaires des hôtes. Sans oublier qu’on se rend surtout compte à la table du Rietlig à quel point nos denrées alimentaires sont essentielles. Tho-mas insiste sur le fait qu’il est hors de question de gaspiller de la nourriture, c’est-à-dire de pratiquer ce qu’il appelle du ‘Food-Waste’. Si l’évolution de la pandémie le permet, la maison AN Rietlig offre par ailleurs la possibilité d’uti-liser la cuisine en gestion libre, à condition de mettre auparavant les gérants au courant.

Petit et raffiné

Montons à présent à l’étage où se trouvent pas moins de onze chambres disposant de 39 lits. Juste en dessous du pignon se trouve la plus grande pièce réservée aux familles. Les autres disposent de deux, trois ou quatre lits, dont deux sont de surcroît équipées de lits dépliables pour enfants. Certaines chambres sont minu-scules, d’autres un peu plus spacieuses, mais toutes ont des murs en bois et sont dotées d’une fenêtre. Chaque lit du Rietlig dispose par ail-leurs d’un duvet et d’un oreiller même si, pour d’évidentes raisons d’hygiène, l’utilisation d’un sac de couchage fin est obligatoire.

La marche et les petits trains

Pour finir, venons-en à évoquer l’une des aut-res qualités essentielles du chalet Rietlig: son emplacement unique en plein milieu d’une magnifique région de randonnée. L’itinéraire le plus connu des environs est sans doute le sentier d’altitude du Schächental qui conduit depuis le col du Klausen jusqu’aux Eggberge surplombant Altdorf. A cet endroit, plus ou moins au milieu de cette randonnée de sept à huit heures, la maison Rietlig peut servir de lieu d’hébergement idéalement placé. Les chemins via Chinzig Chulm vers la vallée de Bisis, le village Muotathal ou la cabane Lidernen sont aussi attractives qu’exigeantes. Vreni et Thomas sont eux aussi des randonneurs passionnés, lui étant en plus formé comme guide d’excursion. Il va donc de soi qu’ils connaissent les alentours de ‘leur’ Rietlig comme leur poche et aident volontiers à planifier les balades envisagées.

Il est recommandé d’intégrer la présence de téléphériques dans la planification de tours. Avec un total de 46 lignes de transport par câble accessibles au public, le canton d’Uri dispose du plus dense réseau de téléphériques de Suisse. Un certain nombre parmi eux sont installés dans la vallée de Schächen, à com-mencer par le téléphérique Spiringen-Ratzi qui conduit les visiteurs au plus près de la maison AN Rietlig. Si le voyage à bord de ces nacelles transportant huit personnes au maximum nous met déjà en émoi, les cabines semi-ouvertes de la ligne Spiringen-Chipfen-Tristel provoque-ront des à coup sûr des frissons insoupçonnés.

A première vue, on dirait de simples harasses, de petits caissons suspendus à un câble et fen-dant les airs. Les habitants du cru les nomment d’ailleurs affectueusement ‘Schiffli’, petites bar-ques. En tenant compte dans son programme de route de la possibilité de se déplacer au moyen d’une telle barquette (ou avec un autre type de transport par câble), la vallée de Schä-chen est encore plus attrayante à explorer en randonnée et dispose d’un excellent camp de base au chalet Rietlig.

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