La liberté venue de l’arbre?
1799» est un spectacle qui a été présenté cet été à Buch am Irchel. Thème : la deuxième guerre de Zurich. Depuis le texte sur les […]
1799» est un spectacle qui a été présenté cet été à Buch am Irchel. Thème : la deuxième guerre de Zurich. Depuis le texte sur les fausses maisons, la cavalerie française et autrichienne, la vache, le veau et l’amour interdit – tout a été fait maison et joué maison. Un spectacle formidable que tout le vignoble zurichois a pu voir.
Les arbres de la liberté n’étaient pas de la partie. La liberté, l’égalité et la fraternité avaient été célébrées en 1798, lorsque les Français avaient encore envahi le pays dans un esprit fraternel. Les arbres de la liberté étaient des épicéas écorcés dont la cime avait été laissée intacte, mais il s’agissait le plus souvent de jeunes arbres de toutes sortes, plantés et décorés de guirlandes et des trois rubans de la liberté et des autres entités. Les premiers ont été plantés dès 1792 à Neuchâtel en Prusse et près de Genève, les suivants en 1795 à Stäfa.
En 1798, l’armée révolutionnaire arrive en nombre. À Bâle, un arbre de la liberté dépouillé est érigé en grande pompe, en présence d’un bataillon français, des notables bâlois et de tout le peuple, puis les choses sérieuses commencent dans le pays des libérés. En une quinzaine de jours, 7000 arbres de la liberté sont érigés entre Saint-Gall et Genève. Les derniers, vieux de plus de 200 ans, sont le platane d’Ellikon sur la Thur et celui de Cully dans le canton de Vaud, tous deux impressionnants par leur taille.
L’arbre de la liberté est une plante datant de la Révolution française. Le premier a été planté par le comte Camille d’Albon sous la forme de tige écorcée, le second a été mis en terre personnellement par Louis XVI. Ils pressentent le danger que l’étincelle de la guerre d’indépendance américaine puisse se répandre et tentent de plaire au peuple.
En 1795, on compte environ un demi-million d’arbres de la liberté en France. L’Assemblée nationale édicte un règlement qui définit quelles essences doivent symboliser la liberté et quelles autres doivent représenter les autres vertus. Le peuple s’en moque et préfère planter des peupliers, car il y retrouve son propre sens du mot: Peuple. Le culte autour des arbres de la liberté est grotesque, absurde, ils sont traités comme des êtres humains, et ceux qui sont morts sont enterrés de la même manière. Lorsque Napoléon devient empereur, ils sont rebaptisés «arbres impériaux». Après l’effondrement de la Commune de Paris en 1871, Napoléon III fait abattre tous ceux qui sont encore debout.
En Suisse, ils vivent plus longtemps, mais leur symbolisme devient quelconque, tantôt pour ceci, tantôt contre cela. Ils se sont transformés en «arbres revendicatifs». Dernièrement, en 1975, ils ont symbolisé l’opposition à la centrale nucléaire de Kaiseraugst.
